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Le groupe "Enfer Normand" est un groupe de reconstitution historique représentant la 101eme airborne US en juin 1944 en Angleterre et en Normandie. Bonne visite!

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GI hors des clichés battus :

Par : Hilary Kaiser et J. Robert Lilly

Elle raconte à cru ce que devait être ce 27 juin 1944 à Cherbourg la vérité de l'instant : ces boys de l'infanterie qui trois semaines après le débarquement avaient quelques motifs de poser défaits et fourbus. Et pas forcément sympathique puisque de tous ces mâles troufions cernant cette femme... du chic chaussures à semelles compensées, jupe courte et fleurie. Icônes de référence : du côté US, un Cary Grant mâtiné Tyrone Power. Sur le versant français, Danielle Darrieux au bras de simone Signoret ...

Sans nier les exactions commises, Hilary Kaiser met l'accent sur la face rose de l'histoire, celle de la « fraternisation amicale » entre les GI's et les jeunes Françaises. Les occasions de rencontres ne manquèrent pas : à bord d'un char, lors d'un bal, chez des parents fiers d'avoir un libérateur à leur table ou encore dans les bureaux de l'US Army, où travaillaient de nombreuses Françaises. 6 000 mariages ont ainsi été conclus, sans compter les idylles éphémères. A défaut de pouvoir les empêcher, les Américains firent tout pour encadrer ces unions. Aidée par la Croix-Rouge et d'autres organisations, l'armée s'occupa du transport des jeunes mariées : regroupées dans un hôtel parisien, elles transitaient ensuite par le camp Philip Morris, non loin du Havre, port d'embarquement. A leur arrivée à New York, des bénévoles les accompagnaient jusqu'à leur mari, sans négliger de les informer sur les devoirs d'une bonne épouse américaine.

Comme le révèlent les vingt-cinq témoignages ici recueillis, les " war brides " ne connurent pas toutes le même sort. « Nombre de mariages ont bien tourné, mais beaucoup de ces femmes de l'immédiate après-guerre, jeunes et naïves, s'étaient mariées hâtivement, si bien qu'à leur arrivée en Amérique, elles retrouvaient presque un inconnu. Le couple découvrait alors son incompatibilité et une communication difficile du fait de la différence de langue, de culture et de milieu socio-économique. Le beau soldat en uniforme n'était plus qu'un paysan inculte ou un alcoolique. » Mais, contrairement aux divorces, les retours au pays furent rares : 150 sur 6 000 départs.

DÉMYTHIFICATION EN RÈGLE

J. Robert Lilly propose, lui, une démythification en règle. " L'engagement américain en Europe comporte une odieuse face cachée ," affirme ce criminologue américain qui souhaite " rétablir l'équilibre entre les représentations populaires idéalisées des soldats américains en route pour la victoire en Europe et la réalité de leur comportement ". Il s'appuie sur les archives des procès en cour martiale intentés aux GI's en Angleterre, en France et en Allemagne. L'approche comparatiste est éclairante. C'est en Allemagne que les viols furent les plus nombreux (11 000 sur 18 000) mais aussi les moins sévèrement punis, la nationalité des victimes les ayant sans doute rendus plus acceptables. 

Que se passa-t-il en France ? Selon l'auteur, " la fréquence et la férocité des viols y furent pires qu'au Royaume-Uni, (...) où d'importants efforts avaient été entrepris par les autorités civiles et militaires pour empêcher les agressions sexuelles ". Mais la révélation la plus surprenante concerne l'identité des agresseurs. Sur les 116 soldats américains condamnés en France, 81 % étaient noirs. Si " la privation sexuelle des soldats noirs était relativement élevée comparée aux activités sexuelles des soldats blancs ", prévues par l'armée, la principale raison tient au racisme de l'institution militaire, " dont le pays d'origine avait une longue tradition de brutalité, de pudibonderie et d'intolérance concernant les relations sexuelles entre homme noir et femme blanche ".

Lilly signe ici une étude importante dont on déplore qu'elle ne soit toujours pas publiée aux Etats-Unis. " Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre ", disait Churchill. Cette opportune plongée dans le passé nous ramène tout droit à l'actualité.
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